Crypte / Espace Patrimoine

La Souterraine abrite des trésors patrimoniaux architecturaux, historiques, naturels, insolites, parfois cachés… qui vous séduiront pour peu que vous vous approchiez pour les découvrir. La crypte de l’église Notre-Dame fait partie de ces trésors.

Au cœur historique de La Souterraine

La crypte (ou église basse) est située sous le chœur et le transept de l’église Notre-Dame. On y accède par la place d’Armes ou par un escalier intérieur débouchant dans le croisillon sud du transept.

Origine

La crypte occuperait l’emplacement d’une ancienne nécropole gallo-romaine, christianisée au Haut Moyen Âge, où un petit édifice maçonné à charpente de bois aurait été érigé.

C’est vraisemblablement ce lieu que Gérald de Crozant donna à l’abbaye Saint-Martial de Limoges en 1015. Agrandi de trois chapelles, cet édifice primitif servit de fondation à la construction de l’abbatiale. Les seuls travaux documentés sont ceux de restauration menée dans la chapelle Sainte-Anne aux XVIIIe et XIXe siècles.

Les chapelles

La chapelle principale, située sous le chœur, prolonge l’édifice primitif.

Sa voûte romane a été renforcée d’ogives lors de la construction de l’église en élévation. De part et d’autre, les chapelles Sainte-Anne au nord et Saint-Martial au sud sont accessibles par une petite salle et un passage voûté en berceau.

Exposée aux intempéries du fait de son orientation nord, la chapelle Sainte-Anne a été remaniée à plusieurs reprises. Elle se distingue du reste de la crypte par ses voûtes en berceau, ses seuils de fenêtres en glacis et ses ogives décorées de peintures (bandeaux colorés et fausse maçonnerie) datant probablement du XVIIIe siècle.

La chapelle Saint-Martial était quant à elle vraisemblablement destinée à l’inhumation des moines. Elle conserve deux oculi (ouvertures pratiquées sur un comble de voûte) aujourd’hui obstrués : l’un en clef de voûte communiquait avec le croisillon sud du transept, l’autre donnait sur l’escalier intérieur. Les reliques y étaient ainsi visibles des pèlerins, mais hors de portée. On pense qu’y furent parfois déposées les reliques de Saint-Martial, mises à l’abri en cas d’invasion.

L’édifice primitif

L’édifice primitif, datant du IIIe siècle, comprenait une salle rectangulaire de sept mètres sur quatre, prolongée d’un caveau.

Les fouilles menées en 1983 ont permis d’en mieux cerner l’organisation.

La voûte y est soutenue par de gros murs de granit et des colonnes réemployées d’un édifice antérieur, dont l’une, à gauche, est posée tête en bas.

Au centre trône un puits monolithe de 9,30 mètres de profondeur ; un second, plus petit, en forme de trèfle, a été mis au jour lors des fouilles.

Le caveau aurait servi de sépulture à Gérald de Crozant, décédé peu avant l’achèvement des travaux, bien qu’aucune trace ne l’atteste formellement.
Dans le mur ouest, deux pierres contiguës portent une inscription funéraire gallo-romaine :

DIIS MANIBUS NI FILI ITEM PATRIS ITEM ACUS

Aux dieux Mânes nus son fils, son père, de même

ET MEMORIAE PAULI MAMORIAE PAULI NERTACI AVI NERT VIVUS POS

Et à la mémoire de Paulus de Nertacus, son grand-père, dont Nertacus a, de son vivant, élevé ce tombeau.

Fouilles et espace patrimoine

De nombreuses campagnes archéologiques ont été menées depuis les années 1980, dont les plus récentes ont accompagné les travaux de restauration du clocher en 2004 et le réaménagement de la place d’Armes en 2013-2014.

Leurs résultats sont présentés dans l’Espace Patrimoine, aménagé au cœur même de la crypte, où sont également exposées les trouvailles issues des fouilles du site médiéval et antique de Bridiers.

Plus bas, le visiteur découvre le Village des âmes, œuvre de l’artiste sostranien Robert Pionnier, qui en a fait don à la ville : un village de pierre et de bois, mystérieux et envoûtant, désormais installé à demeure dans la crypte.

La crypte est ouverte gratuitement au public chaque année, en juillet et août, ainsi que lors des Journées Européennes du Patrimoine en septembre.

L’enceinte aurait compté six portes, difficiles à localiser avec certitude. Seules deux ont été épargnées : la porte Saint-Jean et la porte du Puycharraud.