La Souterraine abrite des trésors patrimoniaux architecturaux, historiques, naturels, insolites, parfois cachés… qui vous séduiront pour peu que vous vous approchiez pour les découvrir. Les vestiges des fortifications de la ville font partie de ces trésors.
Les premières fortifications de La Souterraine auraient été édifiées vers le début du XIe siècle, probablement à l’initiative des moines de Saint-Martial. Ce premier ensemble fortifié, le fortalicium, englobait l’église Notre-Dame, le monastère, le cimetière et les abords de l’actuelle place du Fort.
Aux XIIe et XIIIe siècles, la ville subit de nombreux assauts qui entraînèrent d’importantes modifications : les murs furent même rasés au tout début du XIIIe siècle, avant d’être relevés à partir de 1226 en suivant le tracé des fortifications précédentes. Entre 1370 et 1550, l’enceinte fut consolidée, peut-être même surélevée et agrandie vers le sud-ouest pour protéger les nouveaux quartiers.
Dès 1427, les textes distinguent déjà la « vieille ville » de ses « fossés vieux ».
Au XVIe siècle, une ceinture de fossés bordés de palissades vient compléter le dispositif défensif. Certains de ces fossés ont laissé leur nom dans la toponymie de la ville : fossés des Canards, fossés des Gentils, fossés Saint-Michel.
Le nombre exact de portes demeure incertain, six, sept, peut-être huit. Sont attestées avec certitude : la porte Saint-Michel, la porte Luquet, la porte de la Roudière, la porte Saint-Joseph, la porte Saint-Jean et la porte du Puycharraud.
Une porte dite « de chez l’Hébrette » est également mentionnée, sans qu’on puisse déterminer s’il s’agit d’un édifice distinct ou de l’une des portes déjà recensées.
L’enceinte aurait également compté cinq tours : la tour du Brigandon, la tour de la Font aux Moines (ou tour de la Tournelle), la tour de Monseigneur Étienne La Martine, la tour du Piquand et la tour de la Vigne (dite aussi tour de l’Espion, du Grondeur ou du Guetteur).
L’apparition de la poudre à canon, qui rendait les remparts vulnérables à distance, conjuguée à la croissance de la ville qui exigeait de repousser ses limites, découragea progressivement les habitants d’entretenir les fortifications.
Dès le XVIIe siècle, les fossés furent peu à peu comblés et transformés en rues.
En 1779, le bureau des Finances de la Généralité de Limoges fit dresser le plan des remparts subsistants en vue de les vendre.
À partir de 1790, l’enceinte fut rasée (portes et tours comprises). Les habitants s’approprièrent alors les vestiges épargnés par les démolitions, y adossant leurs maisons ; une vente fut organisée pour régulariser ces appropriations.
Aujourd’hui, les seuls témoins visibles de ces fortifications sont la porte Saint-Jean et la porte du Puycharraud, la partie basse de la tour de la Vigne et quelques pans de murs d’enceinte discrets, enfouis dans le tissu urbain.
Saurez-vous les retrouver ?