La Souterraine abrite de nombreux trésors patrimoniaux, architecturaux, historiques, naturels, insolites, parfois cachés, qui sauront gagner le cœur du visiteur. L’église Notre-Dame est sans doute le plus emblématique d’entre eux.
De son nom complet église paroissiale de l’Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge, elle s’impose dès l’approche de la ville et constitue le cœur autour duquel s’est façonnée la cité médiévale.
De son vrai nom église paroissiale de l’Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge, l’église Notre-Dame de La Souterraine est un monument qui s’impose au visiteur dès son approche de la ville et quelle que soit la route empruntée. Elle est le monument autour duquel s’est petit à petit façonnée la cité médiévale (et millénaire) de La Souterraine.
C’est au cœur du Limousin médiéval, en pleine expansion monastique, que la puissante abbaye Saint-Martial de Limoges fonda un prieuré à la Villa Sosterranea. Les terres de ce hameau, comprenant la crypte actuelle, avaient été données en 1015 par Gérald de Crozant, vicomte de Bridiers et vassal du Duché d’Aquitaine, aux moines bénédictins.
Ceux-ci y aménagèrent un sanctuaire et décidèrent d’y élever une grande église en croix latine. Les premiers travaux, limités à la crypte, démarrent en 1017, année considérée comme la naissance de La Souterraine, et durent cinq ans. La construction de l’église haute débute au milieu du XIIe siècle et ne s’achève qu’au milieu du XIIIe, retardée par le manque de ressources et de nombreuses tensions entre habitants et religieux.
En 1190, l’imposition d’un impôt jugé excessif provoque une révolte sanglante, aboutissant à l’excommunication de la ville avec la suspension des sacrements et l’exclusion de la communauté chrétienne, qui ne sera levée qu’en 1195.
En 1223, un haut responsable religieux conseille aux moines d’autoriser la construction de boutiques en bois autour de l’église ; leurs revenus permettront d’en financer l’entretien et ces commerces, d’abord éphémères, deviendront permanents.
L’église est une hybridation du roman (visible dans les deux premières travées de la nef) et du gothique primitif (transept, chœur, clocher et trois dernières travées).
Sa silhouette évoque une forteresse : murs épais, fenêtres étroites, contreforts saillants.
Située sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle porte également la trace des pèlerins dans son portail, dont les arcs sont ornés de voussures polylobées, héritage de l’architecture omeyyade du califat de Cordoue, introduite dans le roman français par l’influence des chemins de Compostelle. La pierre blanche du clocher guide encore aujourd’hui les pèlerins en chemin.
Classée Monument Historique depuis 1840, l’église fit l’objet d’une première restauration générale à la fin du XIXe siècle.
En 2003, une fissure menaça de faire s’effondrer le clocher (culminant à plus de 60 mètres) contraignant le maire à évacuer une partie du centre-ville et à stabiliser l’édifice en urgence par des butons, retirés en juin 2008.
De 2018 à 2021, de nouveaux travaux portant sur le fût du clocher, la flèche et le bas-côté sud ont été menés, financés à 50 % par l’État et 15 % par la Région Nouvelle-Aquitaine, avec le soutien d’une souscription publique portée par la Fondation du patrimoine.