Les contrôles peuvent conduire à des sanctions administratives immédiates, à des sanctions financières et à des poursuites pénales.
Redressement de cotisations
Le fait de ne pas respecter les interdictions de travail dissimulé entraîne un redressement de cotisations sociales. Le redressement consiste à payer les cotisations sociales qui auraient dû être versées, avec application d’une majoration.
Le redressement est calculé sur une base forfaitaire, fixée à 25 % du PASS .
Pour l’année 2026, cette base forfaitaire est égale à 12 015 € .
À noter
Si l’employeur peut apporter des données réelles sur les rémunérations dissimulées versées aux salariés, alors le redressement s’applique sur ces données réelles.
Le montant des cotisations est majoré de :
Le redressement porte sur toutes les cotisations sociales et contributions, sauf l’assurance chômage.
Un délai maximum de 5 ans est prévu pour payer le redressement.
Ce taux de majoration peut être réduit de 10 points si l’entreprise règle le redressement dans le mois suivant la mise en demeure, ou si elle présente, dans le même délai, un calendrier de paiement, accepté par l’organisme de recouvrement.
En cas de récidive dans les 5 ans suivant un premier redressement, la majoration est portée à :
À savoir
À compter d’une date fixée par décret, et au plus tard le 1er janvier 2027, les taux de majoration applicables en cas d’infraction commise en bande organisée seront relevés et la réduction du taux de majoration passera de 10 à 20 points.
D’ici le 1er janvier 2027, un procès‑verbal de flagrance sociale pourra être établi par un agent de contrôle. Ce mécanisme permettra à l’Urssaf de prendre immédiatement des mesures conservatoires en cas de travail dissimulé, et de rendre la contrainte exécutoire, même si le débiteur fait un recours.
Sanctions administratives
En cas de contrôle, des sanctions administratives peuvent également être prononcées, en plus d’éventuelles sanctions pénales en cas de poursuites judiciaires :
Suppression des aides publiques (par exemple les exonérations de charges sociales ou les aides à l’embauche d’un contrat d’apprentissage) pendant 5 ans maximum
Remboursement des aides publiques déjà perçues sur les 12 derniers mois
Exclusion des contrats publics pour une durée maximale de 6 mois
Fermeture de 3 mois maximum décidée par le préfet avec confiscation du matériel professionnel.
Attention
En cas de récidive au cours des 5 dernières années, une sanction financière est imposée au donneur d’ordre. Son montant est égal à l’ensemble des réductions ou des exonérations de cotisations ou de contributions dont il a bénéficié pour les rémunérations versées à l’ensemble de ses salariés sur la période au cours de laquelle la situation de travail dissimulé a été constatée.
Peines d’amendes et emprisonnement
En cas de condamnation, le tribunal correctionnel prononce des sanctions pénales.
La personne reconnue coupable est punie d’une peine d’amende et/ou de prison.
L’auteur du délit de travail dissimulé risque jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende ( 225 000 € s’il s’agit d’une société).
Le prêt de main d’œuvre illégal et le marchandage sont sanctionnés par 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende ( 150 000 € pour une société).
L’emploi d’un étranger sans permis de travail expose à une peine de 5 ans d’emprisonnement et à 30 000 € d’amende par personne ( 150 000 € pour une société).
Ces peines sont renforcées en cas de circonstances aggravantes :
Si le travail dissimulé concerne un mineur ou une personne vulnérable ou dépendante, la sanction va jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
Si le travail dissimulé est commis en bande organisée, la sanction est de 10 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende.
Si le prêt de main d’œuvre illégal et le marchandage sont commis en bande organisée, la sanction est de 10 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende.
Si l’emploi d’un étranger sans titre de travail est commis en bande organisée, la sanction est de 10 ans d’emprisonnement et 200 000 € d’amende.
Peines complémentaires
Dans certains cas, une ou plusieurs peines complémentaires peuvent être prononcées :
Interdiction d’exercer l’activité professionnelle pendant 5 ans maximum
Exclusion des marchés publics pendant 5 ans maximum
Confiscation d’objets produits dans le cadre du travail illégal, ou de matériel professionnel ayant permis la production
Affichage du jugement dans les journaux
Diffusion de la décision de justice (décision pénale) dans une liste noire sur le site internet du ministère du travail. La durée maximale de la diffusion est de 2 ans.
Interdiction des droits civiques (exemple : droit de vote) et civils (déplacement, parenté, alliance, héritage, etc.).
Référence : Code de la sécurité sociale : article L242-1-2
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033712950/ Référence : Code de la sécurité sociale : articles L243-7 à L243-13
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006073189/LEGISCTA000006172588 Référence : Code de la sécurité sociale : article L243-7-7
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053278908 Référence : Code de la sécurité sociale : article L133-4-2
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042684074/ Référence : Code de la sécurité sociale : article L133-4-5
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041395994 Référence : Code de la sécurité sociale : article L244-11
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033713061/ Référence : Code du travail : articles R8115-1 à R8115-4
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000030420631/ Référence : Code du travail : articles L8224-1 à L8224-6
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000006904833/ Référence : Code pénal : article 131-38
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417334 Référence : Code du travail : articles R8211-1 à R8211-8
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000031355878/