Une fois le prix de cession fixé et les conditions de la vente définies (notamment l’agrément des associés lorsqu’il est nécessaire), les parties doivent formaliser leur accord dans un acte de cession. Cet acte est ensuite signé par les parties et peut contenir des garanties complémentaires.
Rédiger l’acte de cession
L’acte de cession de parts sociales formalise l’accord entre le vendeur et l’acheteur. Il permet de sécuriser la vente et de prouver les conditions convenues entre les parties.
Il doit comporter les mentions obligatoires suivantes :
Nom des parties
Identité de la société (dénomination sociale, capital social, adresse du siège social, etc.)
Nombre et désignation des parts sociales cédées (si elles sont numérotées)
Prix de vente de la cession et modalités de paiement
Détail de l’agrément des associés, le cas échéant
La cession de parts sociales doit obligatoirement être constatée par écrit.
Attention
Depuis le 27 juin 2026, lorsque la SCI est une (cas le plus fréquent), la cession doit impérativement être établie, à peine de nullité, sous l’une des formes suivantes :
Acte authentique établi par notaire
Acte contresigné par avocat
Acte sous signature privée rédigé par un expert-comptable (uniquement dans certains cas, notamment s’il intervient déjà comme expert-comptable de la société ou du client, que la cession soit liée à une opération de gestion ou de restructuration suivie comptablement ou encore que l’acte reste accessoire à sa mission principale).
Un simple acte sous signature privée signé entre les parties sans intervention d’un professionnel habilité n’est donc plus valable dans ce cas.
Pour contacter un notaire :
Pour contacter un avocat :
Pour contacter un expert-comptable :
L’acte de cession doit compter autant d’exemplaires que de parties au contrat. Chacun des exemplaires doit être signé par les parties.
Signer l’acte de cession
La signature de l’acte de cession matérialise l’accord des parties et rend la vente opposable entre le vendeur et l’acheteur.
La signature peut être manuscrite ou électronique. Dans tous les cas, elle permet d’authentifier l’accord des parties.
Selon le choix du professionnel habilité pour la rédaction de l’acte de cession de parts, la signature est recueillie :
par le notaire lorsqu’il s’agit d’un acte authentique
par l’avocat lorsqu’il s’agit d’un acte contresigné
ou par les parties lorsqu’il s’agit d’un acte sous signature privée rédigé par un expert-comptable légalement habilité
Lorsque la signature est électronique, elle doit :
être rattachée de façon unique à son signataire
être créée à l’aide de données que le signataire peut utiliser sous son contrôle exclusif avec un niveau de confiance élevé
permettre de détecter toute modification ultérieure du document signé
Pour en savoir plus sur la signature électronique :
- Signature électronique
Source : France Num
Attention
Une simple image de signature ou une signature scannée et apposée sur un document ne permet pas d’en identifier l’auteur avec certitude. Cette signature est valable mais peut être contestée devant les juges par l’une des parties au contrat qui souhaiterait, par exemple, faire annuler la cession.
Prévoir les garanties éventuelles, si nécessaire
L’acte de cession de parts sociales peut prévoir certaines garanties destinées à sécuriser l’opération.
C’est le cas de la clause de garantie d’actif et de passif, qui peut être insérée dans l’acte de cession de parts sociales.
Elle permet d’encadrer les risques liés à la situation financière de la société après la cession, et donc de couvrir à la fois le cédant et le cessionnaire.
Son objectif est double :
La garantie de passif couvre les dettes et risques antérieurs à la cession (un redressement fiscal sur un exercice précédent la vente, par exemple) : l’objectif est ici de protéger le cessionnaire contre les dettes cachées.
La garantie d’actif couvre la valeur des éléments d’actif de la société (une créance inscrite dans les comptes de la société mais finalement irrécouvrable) : l’objectif est de protéger le cessionnaire contre une surévaluation de la société.
La garantie d’actif et de passif peut être prévue de manière partielle ou complète : il est possible de prévoir uniquement une garantie de passif, uniquement une garantie d’actif, ou les deux. Lorsque les deux garanties sont prévues, le cessionnaire est protégé sur l’ensemble de la situation financière antérieure de la société.
À savoir
Pour le cédant, la mise en place d’une telle garantie peut faciliter la vente des parts sociales, en renforçant la confiance du repreneur et en sécurisant l’accord trouvé entre les parties, notamment sur le prix de cession.
En contrepartie, elle peut engager sa responsabilité après la vente si des dettes ou des anomalies antérieures apparaissent.
En savoir plus sur le contenu de la clause de garantie d’actif et de passif
La clause de garantie d’actif et de passif est librement définie par les parties dans l’acte de cession ou dans un acte distinct.
Aucune mention obligatoire n’est imposée, mais à titre indicatif, elle peut contenir les éléments suivants :
Catégories de dettes qui entrent dans le champ de la garantie. En l’absence de précision, la garantie couvre l’ensemble des dettes liées à l’activité de la société.
Date de départ de la garantie : la date qui permet d’apprécier l’origine antérieure ou postérieure de la dette.
Durée de la clause de garantie: entre 3 et 5 ans, par exemple.
Calcul de l’indemnisation éventuellement due: qui peut inclure un pourcentage de prise en charge variable ou dégressif.
Montant plancher de la garantie : le montant à partir duquel la garantie peut être activée.
Montant plafond de l’indemnisation : le montant maximum à hauteur duquel le cédant s’engage. Il n’y a pas d’obligation de payer au-delà.
Modalités de mise en œuvre : des informations supplémentaires nécessaires pour appliquer la garantie (justification du passif, modalités d’envoi de la demande d’indemnisation, etc.).
Il existe également d’autres types de garanties pouvant être prévues dans l’acte de cession, en fonction de la négociation entre les parties et de la nature de l’opération :
Clause de garantie de valeur nette des titres : fixe une valeur minimale de la société à la date de la cession.
Clause de garantie de chiffre d’affaires ou de résultats (earn-out ou complément de prix) : le prix de cession dépend en partie des performances futures de la société.
Clause de garantie de non-concurrence : le cédant s’engage à ne pas exercer une activité concurrente pendant une durée et dans une zone déterminées.
Référence : Code civil : article 1367
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032042456 Référence : Code civil : article 1865-1
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054318785/